Résonance des lecteurs
📬 Présentation :
Ici, je partage — avec leur accord — quelques résonances, retours, réactions, courriers, fragments d’échanges. Aucun n’est neutre, tous sont vivants. Je les accueille tels qu’ils sont, comme autant de manifestations d’un contact avec le réel.
- Goodies : un questionnaire totalement anonyme permet de partager impressions et perspectives, juste ici -
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Cher Marc,
Je suis tombé sur votre site par un collègue en socio-anthropo. J’avoue avoir été quelque peu désorientée. Vous parlez de “champ confusionnel”, de “connexion lucide au réel » … mais sans références claires, sans grille méthodologique apparente, et sans revue indexée.
Cela m’a d’abord semblé flottant. Puis j’ai douté de mon propre réflexe de disqualification.
Pourriez-vous clarifier votre positionnement ? Êtes-vous encore dans le champ scientifique ?
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Salut,
J’espère que tu vas bien.
Je te remercie pour tes questions et je vais essayer d’y répondre de la manière la plus cohérente.
Alors oui, je suis bien dans le champ scientifique. Mais je veille à ce qu’il reste ouvert aux étoiles — pas refermé sur ses clôtures méthodologiques.
Observer, conjecturer, éprouver, conclure — et recommencer si nécessaire : mon travail s’inscrit donc à 100% dans le champ scientifique. Celui-ci interroge les sujets d’éthique, de mécanismes d’autoréflexivité et de situation, donc d’épistémique, mais aussi le sujet de l’ontologie. Mais je ne suis pas parfait par nature non plus !
Le champ confusionnel tel qu’il est caractérisé dans mes travaux s’inspire des auteurs cités dans mes travaux. Rappelons la définition :
Le champ confusionnel peut être défini comme un processus évolutif rendant compte d’une déconnexion du réel dans la perte d’objectivité et de lucidité de l’intention de sa compréhension.
Cette définition large ne rend pas compte de la nature même d’un champ confusionnel. Ce terme renvoie à une réalité multidimensionnelle opérante au niveau de l’individu comme au niveau du collectif, en partie ou en entier.
Chaque individu cherche à comprendre ce qui se joue dans ses interactions à tout niveau du système dans l’objectif d’accéder/maintenir son homéostasie personnelle, son idéal d’être. Et c’est pareil pour un collectif.
Une compréhension lucide renvoie à une compréhension non idéalisée, non fantasmée, non orientée par la peur ou le confort, les projections et les peurs altérant la capacité d’objectivité, et ce même si elle est intentionnellement recherchée au niveau l’individu ou du groupe.
Une compréhension objective renvoie à une compréhension qui ne soit pas instrumentalisée, qui cherche à rendre compte le plus fidèlement du réel sans intention consciente de biais.
« Si je ne suis pas lucide, je ne suis pas objectif. »
Piège systémique :
Un individu peut être animé d’une intention d’objectivité mais un défaut de lucidité peut biaiser la compréhension. Ce biais est aussi nommé déconnexion au réel dans la définition.
« Je peux me penser honnêtement lucide à tort malgré moi, et je peux me considérer objectif dans ma compréhension du réel. »
D’un point de vue systémique, cela correspond à une dynamique tendant vers une homéostasie de clôture. Une boucle morte : je suis coupé des feedbacks qualitativement opérant avec le réel, mon équilibre se fragilise sans que je m’en rende nécessairement compte jusqu’à une interaction particulière, et la tension accumulée qui se libère alors provoque un effondrement parce que je suis incapable de muter.
Des ajustements qui permettent de prévenir ce piège : l’autoréflexivité de l’individu et la non-dépendance à la validation externe dans les enjeux de survie symbolique, au sens jungien ; c’est-à-dire la défense inconsciente de rôles, d’images ou de récits identitaires nécessaires à la cohérence psychique perçue par l’individu. Cette dynamique, si elle n’est pas conscientisée, crée une fermeture au réel. On ne perçoit plus ce qui est, mais ce qui maintient l’intégrité symbolique du moi.
Le champ confusionnel est en interaction avec les éléments du système et il conditionne la capacité de lucidité dans l’accueil du réel, tant au niveau de l’individu qu’au niveau du groupe.
Notons que le champ confusionnel interagit également avec les facteurs extérieurs et les spécificités des individus du groupe.
Les champs narcissique et confusionnel interagissent en se renforçant l’un l’autre.
L’auto-renforcement du champ confusionnel s’observe dans le niveau de désalignement systémique, la rigidification des institutions, la fluidité des communications, flou du positionnement systémique des individus, absence de mécanisme de feedback…
Et sinon, toi, au niveau ontologique, ça se passe comment en ce moment ?
Liminalement,
Marc
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Merde Marc, maintenant je t’écris. Arrête de tout donner gratos. L’expérience de ta vie ne t’a pas suffit ? Regarde, tout ce que tu as crée, porté, tout le fruit de ton vivant pour reprendre tes mots ... et bien tu t’en es fait invariablement spolier. Non seulement ton travail, ta contribution comme tu dis, continue d’être pillé mais là désormais c’est sans vaseline : tu es isolé et sans moyen de vivre dignement. Et à force de tout donner comme ça, c’est normal que tout le monde te prenne pour un dérangé fini, surtout que maintenant ton travail dérange.
Tu es sur d’être si lucide que ça ? Tu dis que tu t’en fous de finir dans qq mois au RSA, tu n’es pas en train de t’effondrer d’inadaptabilité ?
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Salut l’ami,
Merci pour la franchise et l’honnêteté de tes propos. Tu le sais : je respecte les implicites et inconscients de chacun. Ce respect me permet de ressentir ta bienveillance dans l’intention du message 😉
Oui, tu as raison, mon image publique est totalement grillée, et elle m’isole socialement, professionnellement aussi. Mais c’est une image projetée, ce n’est pas moi. Malade, égaré, fou, perché, extrémiste- cette représentation appartient à celles et ceux qui en ont symboliquement besoin pour leur survie existentielle.
Ma survie existentielle tient à la fidélité à mon axe. Et tu le sais, je préfère crever que d’avoir à me trahir. Je continuerai ainsi, bien vivant et en équilibre avec moi-même.
Je ne sais même pas si je toucherai le RSA, j’ai déjà les plus grandes difficultés à actionner mes droits au chômage depuis mon éclairage de certaines dynamiques toxiques, et c’est vrai que je suis sur les réserves et dans 4 mois ça sera inch allah.
T’inquiète, tu sais aussi que je suis prévoyant et puis pas si seul que ça non plus. Il y aura des petites surprises d’ici là.
On se le fait quand le prochain apéro ?
Bises,
Marc
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